Comment se sont comportés les marchés ?

La Bourse sur les montagnes russes

Écrit par Stijn Ceelen, Country Manager BinckBank Belgique | 5 minutes
LUN. 14-10-2019

En Bourse, le mois de septembre fut la copie conforme d’août. Au cours du huitième mois de l’année, la surenchère des taxes commerciales avait relancé l’espoir qu’un accord soit trouvé entre les Etats-Unis et la Chine. Le mois suivant, la Bourse a donc pris à nouveau une orientation positive : les risques de nature commerciale avaient été relégués au second plan et les banques centrales intervenaient au travers de nouvelles mesures d’assouplissement.

Les marchés financiers en 10 secondes (situation au 30 septembre 2019)

    Septembre 2019
Actions (en euro)
Europe  +3,50% +19,64%
États-Unis +2,51% +26,36%
 Japon +4,83% +16,91%
Obligations
Oblig. publiques EMU 3-5 ans -0,22% +2,88%
Oblig. d’entreprises euro 1-3 ans -0,44% +2,86%
Devises (face à l’euro)
Dollar américain +0,76% +5,21%
Livre sterling +1,87% +1,38%
Yen japonais -0,89% +6,78%

Source : Morgan Stanley Capital International, Barclays, Bloomberg

Trump dans la tourmente

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L’événement du mois fut la tentative des Démocrates de destituer Trump, après une conversation téléphonique entre le président américain et son homologue ukrainien Zelensky, où l’Américain demandait de se pencher sur l’enquête pour corruption du père et du fils Biden. De l’abus de pouvoir, ni plus ni moins. Reste à savoir si les Démocrates parviendront à leurs fins. Une majorité à deux tiers est nécessaire au Sénat, où les Républicains dominent. Qui plus est, le risque est réel qu’un plus grand nombre d’Américains se rangent derrière l’Outsider Trump – et ce, peu de temps avant les élections présidentielles de 2020.

Le consommateur américain reste pour sa part plus positif que la moyenne, grâce à un marché de l’emploi et de l’immobilier en grande forme. Les chefs d’entreprises américains voient pour leur part l’avenir d’un œil sombre depuis bien plus longtemps. Dans l’industrie manufacturière particulièrement. Reste à savoir si le secteur des services sera contaminé par ce pessimisme grandissant (le repli du 3 octobre semble le suggérer).

Comme on pouvait s’y attendre, Jerome Powell a cédé à la pression de Trump, et la banque centrale américaine a finalement décidé de procéder à une nouvelle coupe dans les taux. Sa motivation principale est que les États-Unis ne peuvent être la victime d’une économie mondiale qui glisse progressivement en récession. De leur côté, depuis fin septembre, de nombreux investisseurs semblent en effet se renforcer mutuellement dans la conviction que les USA foncent vers une nouvelle récession.

Tensions politiques côté britannique

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En Europe également, l’homme aux cheveux de feu a lui aussi été cloué au pilori. Ainsi la Cour suprême britannique a-t-elle qualifié d’anticonstitutionnelle sa précédente tentative de mettre le parlement hors-jeu. S’en sont suivis des appels à la démission de Boris Johnson, et cette saga connaît chaque jour des rebondissements très divers. Une chose est sûre : l’échéance du 31 octobre est maintenue pour l’heure…

Sur le plan économique, le continent européen reste confronté aux mêmes problèmes. L’Allemagne flirte toujours avec la récession, après un énième repli de la confiance des chefs d’entreprises. La surenchère des taxes à l’importation entre les États-Unis et la Chine, particulièrement, affecte les exportations européennes. Malgré l’euro plus faible.

Comme prévu, Mario Draghi a fini par dégainer sa dernière arme, à présent que ses jours à la tête de la Banque Centrale Européenne (BCE) sont comptés. Les banques peuvent désormais payer 0,5% de taux sur leurs réserves excessives de liquidités. Les banques peuvent donc à nouveau emprunter auprès de la BCE plus longtemps et à meilleur compte que ce que prévoient les conditions de prêt à leurs propres clients particuliers. Enfin, le programme de rachat d’actions d’obligations a aussi été dépoussiéré. Au grand dam des pays forts de la zone euro.

Le Japon au ban du pessimisme

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Malgré le nouvel accord commercial entre le Japon et les États-Unis (favorable aux cultivateurs américains de soja et aux constructeurs automobiles japonais), les chefs d’entreprises japonais restent positifs. Ainsi les exportations vers la Chine sont-elles sensiblement freinées par le conflit commercial entre cette dernière et les Etats-Unis. Qui plus est, le pays du soleil levant s’est enfermé dans une joute diplomatique avec la Corée du Sud, ce qui affecte les échanges entre les deux rivaux.

Malgré cela, la banque centrale japonaise a déclaré qu’elle ne voyait aucune raison valable de prendre de nouvelles mesures d’assouplissement.



Informations importantes

Quand cet article fait référence à des résultats passés, il convient de noter que ces résultats ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs. Tout investissement comporte des risques. On considère généralement qu’un investissement présentant un rendement attendu plus élevé est également plus risqué.

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Auteur

Stijn Ceelen, Country Manager BinckBank Belgique

Stijn Ceelen est Country Manager chez BinckBank Belgique depuis 2017. À ce titre, il donne régulièrement son avis sur les marchés financiers et leurs fluctuations.

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