Comment se sont comportés les marchés ?

MONTAGNES RUSSES

Écrit par Stijn Ceelen, Country Manager BinckBank Belgique | 5 minutes

Les dossiers brûlants de ces derniers mois – le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine et le Brexit – ont continué à dicter la marche des Bourses au mois d’août. La première semaine a ainsi été marquée par un net regain d’incertitudes, et les tableaux de cotation se sont parés de rouge profond. Heureusement, le sommet du G7 à Biarritz a ramené un peu de calme et les Bourses du monde entier ont regagné une bonne partie du terrain perdu.

Les marchés financiers en 10 secondes (situation au 31 août 2019)

    Août 2019
Actions (en euros)
Europe  -1,68% +15,59%
États-Unis -0,96% +23,7%
 Japon -0,17% +11,52%
Obligations
Oblig. publiques EMU 3-5 ans +0,65% +3,11%
Obig. d’entreprises euro 1-3 ans +0,26% +3,32%
Devises (face à l’euro)
Dollar américain +0,82% +4,36%
Livre britannique +0,82% -0,48%
Yen japonais +3,20% +7,73%

Source : Morgan Stanley Capital International, Barclays, Bloomberg

Le consommateur moyen perd-il lui aussi confiance ?

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Source : Western & Southern Financial Group

La guerre commerciale entre Trump et Xi a connu une nouvelle escalade en août. Mécontent de l’avancée des négociations, Trump a annoncé de nouveaux droits d’importation par Twitter. Les contre-mesures de la Chine ne se sont pas fait attendre, mais ce ping-pong a cette fois touché le porte-monnaie du consommateur. D’une part, avec des droits d’importation (majorés) sur des produits quotidiens, d’autre part avec l’incroyable demande formulée par Donald Trump (sur la base d’une loi de 1977), enjoignant les entreprises américaines à retirer leur production de Chine.


Dans ces conditions, la légère érosion de la confiance des consommateurs américains n’a rien d’étonnant. Les dirigeants d’entreprises affichent déjà leur pessimisme depuis plus longtemps. Surtout dans l’industrie manufacturière. Une réduction des stocks ou une contraction des carnets de commandes dans les usines est toujours un risque. Des signaux qui ne sont pas particulièrement prometteurs pour le marché du travail et le consommateur moyen.

Et quand les Chinois ne veulent pas collaborer, Trump n’est pas avare de critiques sur la banque centrale. Jerome Powell a pu s’en rendre compte ce mois-ci : selon l’économiste Trump, il permettrait à d’autres régions à taux zéro de profiter du dollar fort pour inonder le marché américain. Trump a ainsi ravivé l’espoir de nouvelles baisses des taux. On peut cependant se demander ce que celles-ci apporteraient : les investisseurs pourraient également y voir la confirmation ultime du fait que les États-Unis se dirigent effectivement vers une récession.

Report en vue d’une suppression ?

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Source : AP News

Le Royaume-Uni a connu un mois de grandes turbulences politiques. Boris Johnson semble privilégier le scénario d’un Brexit fin octobre. À la grande irritation de l’opposition et de ses adversaires, il a mis le Parlement hors-jeu. Mais la démocratie est en train de reprendre le dessus et de nouvelles élections sont très vraisemblables. Une raison de plus pour l’Europe de différer la deadline à une date ultérieure.


Entre-temps, Salvini a également retiré son soutien au gouvernement italien, dans l’espoir d’une victoire écrasante en cas d’éventuelles nouvelles élections. Mais le président Mattarella lui a coupé l’herbe sous la pied en proposant une coalition de gauche entre le Mouvement 5 étoiles et le Partito Democratico, sous la direction du Premier ministre démissionnaire Conte. Les marchés n’ont pas caché leur soulagement et ont recommencé à acheter des obligations publiques italiennes.

Malgré le positivisme politique, l’économie européenne reste confrontée aux mêmes problèmes. L’Allemagne flirte toujours avec la récession après la détérioration de la confiance des dirigeants d’entreprises. C’est surtout la surenchère de droits d’importation entre les États-Unis et la Chine qui pèse sur les exportations européennes. Malgré l’affaiblissement de l’euro.

En dépit de baisses de taux massives dans le monde entier (notamment aux États-Unis, en Thaïlande, en Inde et en Nouvelle-Zélande), Mario Draghi n’est pas sorti du bois. La Banque Centrale Européenne (BCE) s’en tient pour l’instant à des promesses. Encore que. Avec une forte contraction de l’économie et un taux d’inflation global de 1%, une nouvelle baisse de taux est un scénario vraisemblable. On saura quel bazooka monétaire la BCE compte sortir de son arsenal après la réunion de septembre. Elle est attendue avec impatience.

Le Japon donne de l’oxygène aux agriculteurs américains

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Source : IlSoyAdvisor

Au sommet du G7, Donald Trump a conclu un accord de principe avec le Japon sur un traité commercial. Le Japon aurait ainsi accepté d’acheter davantage de produits agricoles américains. Un soulagement énorme pour les agriculteurs américains qui peuvent à présent écouler leur soja sur le marché japonais.


L’économie japonaise a également eu droit à une bonne nouvelle : la croissance de la production industrielle a dépassé les attentes. De plus, le bureau japonais des statistiques a publié des chiffres positifs sur le chômage, retombé cet été à 2,2%… son plus bas niveau en 26 ans. Le net vieillissement de la population, notamment, provoque une pénurie de main-d’œuvre dans le pays. Ces signaux prometteurs n’ont cependant pas convaincu le consommateur japonais, dont la confiance s’est à nouveau érodée.


Information importante

Quand cet article fait référence à des résultats passés, il convient de noter que ces résultats ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futurs. Tout investissement comporte des risques. On considère généralement qu’un investissement présentant un rendement attendu plus élevé est également plus risqué.

Auteur

Stijn Ceelen, Country Manager BinckBank Belgique

Stijn Ceelen est Country Manager chez BinckBank Belgique depuis 2017. À ce titre, il donne régulièrement son avis sur les marchés financiers et leurs fluctuations.

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