Coolblue en Bourse ?

IPO de l’entreprise néerlandaise d’e-commerce : blue chip en devenir ?

Écrit par Ronald Veerman | 5 minutes

Le ciel était d'un bleu limpide lorsque la boutique en ligne Coolblue a annoncé la semaine dernière qu'elle envisageait sérieusement une introduction en Bourse.

À première vue, ce serait une belle acquisition pour l'AEX, la Bourse d'Amsterdam, car le magasin en ligne connaît une croissance fulgurante. Mais l'avenir nous dira si l'action peut devenir une véritable blue chip.

Une IPO avant l'été ?

La date de l'introduction en Bourse sur Euronext Amsterdam n'a pas encore été fixée, mais le fait que le fondateur Pieter Zwart (sur YouTube) et l'actionnaire principal HAL (via un communiqué de presse) l'aient tous deux officiellement annoncé démontre que le projet est très sérieux.

Pour l'instant, ils envisagent une « introduction en Bourse en 2021 », mais l'opération pourrait aussi être plus rapide. HAL, qui détient désormais 49% des actions, souligne que la situation des marchés financiers, en particulier, déterminera la suite des opérations.

On ne sait donc pas encore combien d'actions (nouvelles) seront disponibles pour les investisseurs privés lors de l'introduction en Bourse. Le fondateur Zwart, qui détient 51% des titres, a indiqué qu'il resterait le plus grand actionnaire de Coolblue après l’introduction en Bourse.

Une croissance de plus en plus rapide

Coolblue a été fondée en 1999 par Zwart et deux autres étudiants de Rotterdam. Au départ, Coolblue était gérée depuis un grenier, mais ces dernières années, l'entreprise a connu une croissance rapide.

La crise sanitaire, qui a poussé les consommateurs à se tourner massivement vers les boutiques en ligne, a hissé le chiffre d'affaires de 1,5 à 2 milliards d'euros. Sur la base de chiffres préliminaires, le bénéfice a atteint 114 millions d'euros (EBITDA).

Les recherches menées par ING, entre autres, suggèrent que les magasins en ligne et le commerce électronique continueront à se développer de manière significative dans les années à venir, car de plus en plus de consommateurs commandent en ligne. Bien que des différences sont observées selon les groupes de produits. ING prévoit qu'en 2025, les trois quarts des articles de médias et de divertissement seront achetés en ligne, mais que ce chiffre ne dépassera pas 20% pour les articles de santé et de beauté.



Source : ING (pdf)

Poursuite de la croissance en Bourse d'Amsterdam ?

Comme nous l'avons précisé, nous ne savons pas encore si Coolblue veut lever des capitaux par le biais d'une éventuelle introduction en Bourse, ni quel en sera le montant, mais il est clair que la société a l’intention de poursuivre sa croissance rapide.

Et c'est d’ailleurs probablement nécessaire. Car si les grands magasins en ligne profitent actuellement de la crise sanitaire, la concurrence - internationale - est également féroce et croissante.

Alors qu'Amazon et d'autres grandes marques internationales sont dominantes dans de nombreux pays, les Pays-Bas - avec deux acteurs locaux puissants - occupent une position particulière. Avec bol.com, filiale d'Ahold Delhaize, Coolblue est leader du marché aux Pays-Bas.

La grande question est de savoir si ce sera encore le cas dans quelques années, dans la mesure où non seulement Amazon veut conquérir les Pays-Bas mais que d'autres opérateurs importants veulent faire main basse sur une part du marché néerlandais du commerce électronique.

Un marché qui, dans quelques années, aura probablement un aspect complètement différent. Alors qu'en 2018, selon ING, les dix plus grands opérateurs s'accaparaient 39% du marché néerlandais, les analystes de la banque prévoient qu'en 2025, 40% seront aux mains des deux premiers.

Blue chip ou petit joueur ?

On saura d'ici quelques années si Coolblue peut monter sur le ring, voire devenir une véritable Blue chip. Les investisseurs risquent d'être pris au dépourvu si les géants américains et étrangers finissent par emporter la plus grosse part du gâteau.

Le cas échéant, Coolblue pourrait tout aussi bien obtenir le statut de candidat à la reprise, et la cotation en Bourse pourrait se transformer en flop.

La grandeur d’échelle - y compris la poursuite des investissements dans la technologie - semble en tout cas cruciale dans le secteur de l'e-commerce, qui connaît une croissance rapide. Le nom du leader mondial Amazon a déjà été mentionné, mais nous vous présentons ci-dessous un certain nombre d'autres opérateurs.

D’Alibaba à Zalando

  • Alibaba
    Alibaba vend tout, surtout en Chine où elle domine le marché local avec ses nombreuses filiales. Mais les Belges savent aussi comment se procurer des produits bon marché. La société de Jack Ma est cotée en Bourse, en Chine comme aux Etats-Unis. Vous trouverez plus d'informations sur l'action ici.

  • Amazon
    Amazon fait partie de la catégorie des Apple, Facebook et autre Microsoft : des entreprises dont le concept est né dans un garage ou dans une chambre d'étudiant et qui ont conquis le monde. Amazon vaut aujourd'hui plus d'un trillion, et son patron Jef Bezos est devenu l'homme le plus riche du monde. (Pour en savoir plus sur la valeur, cliquez ici.)

  • bol.com
    La première grande boutique en ligne néerlandaise, partie de rien, et qui était déjà connue dans tout le pays quelques années après son lancement en 1998. En 2012, elle a été rachetée par Ahold Delhaize, qui a profité de sa croissance rapide depuis lors - surtout en 2020.

  • eBay
    Active depuis plus de 25 ans, l'entreprise était initialement un marché virtuel. Depuis lors, elle est devenue une entreprise qui vend et négocie toutes sortes de choses en ligne. La société est cotée au Nasdaq à New York depuis plus de vingt ans. (Vous trouverez plus d'informations sur la valeur ici.)

  • JD
    JD ne doit pas être confondu avec la chaîne de chaussures de sport que nous connaissons depuis longtemps, mais avec Alibaba, c'est l'un des principaux détaillants chinois en ligne, principalement spécialisée dans l'électronique et l'informatique. Coté au Nasdaq et sur d'autres Bourses. (Vous trouverez plus d'informations sur la valeur ici.)

  • Rakuten
    Hormis à travers le bouton de la télécommande et la publicité sur l'équipement du FC Barcelone, de nombreux Belges ne connaissent pas la société japonaise Rakuten. L'action est cotée en Bourse de Tokyo, mais elle est également négociable en tant qu'ADR à la Bourse américaine. (Vous trouverez plus d'informations sur la valeur ici.)

  • Shopify
    Le groupe canadien Shopify est une plateforme de commerce électronique en pleine expansion pour les magasins en ligne et autres canaux de vente en ligne. Fondée en 2004, elle a traversé l'océan pour desservir l'Europe et le reste du monde. Cotée en Bourse au Canada et aux Etats-Unis. (Plus d'informations ici.)

  • Wehkamp
    Fondée en 1952, Wehkamp était une entreprise de vente par correspondance et de livraison de colis avant même l'existence d'Internet. En 2006, le célèbre catalogue a été remplacé par un site web, et la société - qui appartient au fonds d'investissement privé Apax - est toujours l'un des principaux acteurs aux Pays-Bas.

  • Zalando
    Quand on pense à Zalando, on pense souvent d'abord aux chaussures et aux vêtements. Et c'est effectivement les segments dans lesquels ce géant allemand s'est spécialisé et qui affichent une pleine croissance. Fondée en 2008 seulement, elle est aujourd'hui active dans 17 pays et cotée à la Bourse de Francfort. (Plus d'informations sur l'action Zalando ici.)

Comment investir dans Coolblue ?

Comme mentionné, on ne sait pas encore quand Coolblue fera une demande de cotation en Bourse et cela dépendra de l'évolution des marchés financiers. Bien entendu, nous vous tiendrons informés des nouveaux développements et nous vous informerons certainement si une première cotation et peut-être un enregistrement de (nouvelles) actions est imminent

Si les actions sont accessibles aux investisseurs privés, il sera possible d'y souscrire via BinckBank. Si vous envisagez d'investir dans une ou plusieurs des actions mentionnées dans cet article, nous vous recommandons de lire attentivement et - dans le cas de Coolblue - de lire également le prospectus disponible et les avis des analystes sur la société.


Investir comporte des risques, la valeur de votre mise peut baisser.

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Auteur

Ronald Veerman

Ronald Veerman est expert financier chez BinckBank. Journaliste financier à La Haye, Bruxelles et Amsterdam pendant de nombreuses années, il a notamment exercé la fonction de rédacteur en chef de « De Financiele Telegraaf » (DFT).

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Cet article ne peut être considéré comme un conseil en placement individuel ou une recommandation individuelle de la part de BinckBank d'effectuer certains placements. Avant de procéder à un investissement, BinckBank s'assure que celui-ci vous convient sur la base des informations qu'elle a obtenues concernant vos connaissances et votre expérience du produit d'investissement en question. BinckBank vous avertira toujours s'il apparaît que vous n'avez pas les connaissances et l'expérience suffisantes, ou si BinckBank n'a pas pu le vérifier. Tout placement comporte des risques. Habituellement, un investissement dont le rendement attendu est élevé comporte des risques importants. Toutes les informations utiles et légales sont consultables dans le centre de documentation sur www.binck.be.

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