Analyse boursière: le Brexit met les marchés en mouvement

Écrit par ABM Financial News | 5 minutes
LUN. 11-03-2019

Les investisseurs vont faire face à une semaine cruciale par rapport au départ imminent du Royaume-Uni de l’Union européenne.

Ce mardi 12 mars, un vote significatif aura lieu dans la Chambre des communes britanniques. Ce vote est déterminant pour le temps restant avant le 29 mars, date à laquelle le Royaume-Uni quitte officiellement l’Union européenne.

Si l’accord actuel est de nouveau rejeté le 12 mars, la Première ministre britannique Theresa May veut tenir un vote sur un Brexit sans accord le lendemain. Il est attendu que la Chambre des communes rejette ce scénario. Il resterait alors qu’un dernière possibilité, selon May, soit un vote le 14 mars sur une courte extension de l’Article 50. Dans ce cas, le Royaume-Uni resterait dans l’UE jusqu’au mois de juin compris.

“Une extension signifie un espoir d’un report”, estime Corne van Zeijl, analyste chez Actiam. Cet espoir mènerait à une hausse des cours, pense l’analyste.

Stefan Koopman, analyste du marché chez Rabobank, pense que “c’est en principe une bonne nouvelle si un délai est accordé”.

“Il y a toutefois quelques conditions attachées à un délai”, avertit-il. Un Brexit sans accord, par exemple, a déjà été exclu par le marché car la Chambre des communes devra voter explicitement sur ce scénario le 13 mars. Koopman estime qu’une grande majorité des parlementaires votera contre un tel scénario.

“On peut donc s’attendre à des réactions positives, mais ça ne devrait pas durer longtemps avant que les investisseurs se demandent quelle sera l’étape suivante”, ajoute-t-il.

Van Zeijl trouve aussi qu’un tel “délai technique” est moins positif. L’analyste s’attend à ce que les effets positifs s’estompent s’il ne “s’agit que d’un simple délai”.

Si reporter le Brexit signifie augmenter les chances d’arriver à un accord, alors c’est une bonne nouvelle, estime Rabobank. “Mais si cela à lieu parce que le Royaume-Uni ne sait toujours pas ce qu’il veut, alors il ne faudra pas longtemps pour que des incertitudes politiques apparaissent à nouveau”, prévoit l’analyste.

“Imaginons que cette période est utilisée pour encore une fois présenter l’accord conclu par May au parlement sous la menace d’une annulation du Brexit ou d’une sortie sans accord… De tels accords ‘involontaires’ ne sont généralement pas très stable”, estime Koopman. “Qui voudra encore détenir des actions britanniques?”, se demande l’analyste.

Van Zeijl estime qu’un Brexit dur sera “clairement négatif pour le marché boursier”.

“Après tout, c’est mauvais pour l’économie. Moins il y a de commerce moins il y a de croissance économie. Par ailleurs, il y a un effet de confiance. Un Brexit à l’air effrayant. Rien qu’à cause de cela, les entreprises et les consommateurs dépenseront moins,” prévoit l’analyste d’Actiam.

Le risque sectoriel

Selon Koopman, le secteur financier sera le plus fortement touché par un Brexit dur. “Il est crucial pour les banques de la City de conserver leurs ‘passporting rights’ ou une équivalence pour pouvoir continuer à exercer leur activité dans l’UE”.

Koopman estime que la City de Londres est en train de perdre “son statut de porte d'entrée de l'UE”, et que Paris, Francfort ou peut-être Dublin en bénéficient.

L'industrie automobile est également un secteur en difficulté, selon l'analyste de marché de Rabobank. “Tout est lié à des chaînes d'approvisionnement hautement intégrées et à la livraison ‘just-in-time’. C'est une illusion dans le cas où l'on érige des frontières rigides.”

Enfin, selon Rabobank, le secteur agricole britannique est également vulnérable, “parce qu'il est actuellement protégé par la politique agricole commune européenne, qui comprend de généreuses subventions”. Par ailleurs, il existe également un risque élevé de hausse des droits de douane dans ce secteur hautement protégé.

Selon Oliver Brennan, stratège en macroéconomie de TS Lombard, la livre sterling peut s'apprécier par rapport au dollar américain vers 1,40 ou 1,45 si, demain, la Chambre des communes vote quand même pour l'accord de May ou si un jour plus tard un Brexit sans accord est empêché. Si le parlement britannique opte pour un départ sans accords concrets, la paire de devises peut chuter à 1,20 dollar, pense-t-il.

Les entreprises britanniques sont relativement exposées au dollar américain. La contrepartie à un cours plus élevé est un cours plus bas pour les actions, explique l'analyste Van Zeijl.

"Après tout, si la livre sterling augmente et que le dollar baisse, les bénéfices des entreprises anglaises réalisés en dollars chutent. Et donc les cours baissent.

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ABM Financial News

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