Les bourses à plein régime… faute d'alternatives

Écrit par Stijn Ceelen | 3 minutes

Après un excellent premier trimestre, les Bourses mondiales ont atteint un nouveau sommet en avril. Pourtant, et malgré quelques signaux plus positifs au firmament économique américain, la courbe de taux continue à flirter avec une récession imminente… Un présage que les investisseurs en actions ont choisi d’ignorer totalement.

Les marchés économiques en 10 secondes (situation au 30 avril 2019) :

  Avril 2019
Actions (en euros)
Europe  +3,6% +17,2%
États-Unis +4,0% +20,7%
 Japon +1,4% +10,4%
Obligations
Oblig. publiques EMU 3-5 ans +0,0% +0,8%
Oblig. d'entreprises euros 1-3 ans +0,4% +1,9%
Devises (face à l'euro)
Dollar américain +0,0% +2,2%
Livre britannique +0,0% +4,5%
Yen japonais -0,5% +0,6%

Source: Morgan Stanley Capital International, Barclays, Bloomberg

CALME PLAT SUR LES FRONTS POLITIQUE ET ECONOMIQUE

L’actualité du mois écoulé fut maigre sur les fronts politique et économique. Ponctuées par les désormais habituels coups d’éclats et autres menus accrochages, les négociations (de paix) entre Américains et Chinois suivent leur cours. Quant aux prochains chapitres de la saga du Brexit, ils ne seront écrits qu’à l’automne.

Malgré une croissance économique supérieure aux attentes, la confiance des entreprises s’est encore effritée outre-Atlantique. En Europe, c’est l’Italie, à nouveau confrontée à un casse-tête budgétaire, qui inquiète. Alors que le continent européen dans son ensemble, en tant que premier exportateur mondial, pourrait être la principale victime d’une nouvelle contraction du commerce mondial.

Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que les dirigeants des différentes banques centrales envisagent un nouvel assouplissement de la politique monétaire. Outre des taux qui restent très bas, les banques centrales du monde semblent tentées par une nouvelle course aux armements, sur le thème de « Qui peut et fera tourner le plus la planche à billets ? ».

TOUT EST RELATIF, Y COMPRIS EN MATIERE D’INVESTISSEMENTS

Ce calme plat sur la scène politique et économique nous offre l’occasion de nous pencher sur les raisons qui poussent des investisseurs à continuer à privilégier les actions alors que de plus en plus de voix suggèrent que les Bourses mondiales versent désormais dans l’excès.

En matière d’investissements comme ailleurs, tout est relatif : l’investisseur qui a vendu des actions peut placer les liquidités récupérées sur un compte d’épargne (à un taux de 0,11%) ou les investir par exemple dans des obligations en euro de qualité (pour un rendement de moins de 1%). En fait, il y a peu de sens à se concentrer exclusivement sur les valorisations absolues des actions ; celles-ci doivent être comparées à celles de toutes les autres alternatives.

Le graphique suivant illustre par exemple la valorisation relative des actions américaines et européennes. Cette valorisation relative, également appelée prime de risque, révèle le surcroît de rendement que les investisseurs peuvent espérer à long terme par rapport à un investissement presque sans risque (c’est-à-dire en obligations publiques américaines ou allemandes).

Risicopremie


Il en ressort que les actions offrent toujours un surcroît de rendement de 6% à 9% par rapport à un investissement sans risque. Pas mal, non ? Les actions européennes paraissent également plus attrayantes. Logique : le risque plus élevé inhérent aux tribulations autour du Brexit et les difficultés économiques se traduit par une rémunération plus élevée. Seule une forte hausse des taux obligataires à valorisation égale des actions ou des actions plus chères à taux inchangé pourrait réduire les primes de risque.

La grande question est donc : le nouveau cocktail de stéroïdes monétaires concocté par Super Mario (Draghi) peut-il provoquer une hausse des taux ? En théorie, une poussée inflationniste consécutive à l’ouverture des vannes monétaires ne devrait pas uniquement donner un coup de fouet à l’économie, mais également tirer les taux à la hausse. Sauf que… les éminences qui président aux destinées de la Banque Centrale Européenne oublient un paramètre important : l’argent doit circuler ! Même si la planche à billets tourne à plein régime, cette perfusion monétaire n’aura aucun effet sur l’inflation et le taux si l’Européen a décidé de serrer les cordons de la bourse.

Et c’est là que le bât blesse. Le vieillissement de la population européenne empêche l’argent de circuler. Les générations plus âgées dépensent moins que les jeunes : la maison est remboursée, les enfants ont (presque) terminé leurs études et quitté le foyer, etc. Peut-être faudrait-il donc clôturer le débat sur les pensions et tenter plutôt d’imaginer des mesures qui permettent de combiner plus aisément vie professionnelle et famille (nombreuse)…


Information importante

Cet article n’est ni un conseil d’investissement personnel, ni une recommandation individuelle d’exécuter certains investissements de la part de BinckBank. Les résultats du passé ne constituent pas un indicateur fiable des résultats futur. Tout investissement comporte des risques. Généralement, un investissement assorti d’un rendement attendu plus élevé est aussi plus risqué. Vous trouverez les frais et charges liés à la Gestion d’actifs dans la liste des tarifs disponible sur www.binck.be.

Auteur

Stijn Ceelen

Stijn Ceelen a été Country Manager pour BinckBank Belgique entre 2017 et 2019. Depuis 2020, il est responsable à l'international de l'Asset Management chez Saxo Bank. A présent que les deux organismes ont uni leurs forces, Stijn est en charge d'analyser l'évolution des marchés financiers chez BinckBank et d'élaborer des stratégies d'investissement intéressantes pour vous inspirer.

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