Retour sur février

La Bourse se nourrit de l’optimisme prudent du marché

Écrit par Dieter Haerens | 5 minutes

Les programmes de vaccination sont en bonne voie dans un nombre de pays de plus en plus grand. L'optimisme prudent se reflète dans plusieurs indicateurs de confiance dans le monde. Mais la bataille contre le coronavirus n'est pas encore gagnée. De nombreux pays appliquent encore des mesures de confinement.

Etats-Unis

Le mois dernier a été marqué par la procédure d'impeachment de l'ancien président américain Donald Trump. Bien que les Républicains soient fortement divisés, les voix en faveur d'une condamnation de Trump ne furent pas suffisantes, et il pourra donc participer aux élections de 2024. Pour l'actuel président Joe Biden, le fait que la procédure ait été rapidement engagée au Sénat est un élément positif. Son plan de relance COVID-19 ne sera en effet pas retardé inutilement. Les Démocrates espèrent faire passer le paquet de mesures de 1 900 milliards de dollars à la Chambre des représentants ce mois-ci. L'ampleur de ces mesures représente environ 9% de l'ensemble de l'économie américaine.

L'économie américaine en aurait effectivement bien besoin. Le nombre de nouvelles demandes d'allocations de chômage est resté généralement élevé en raison des restrictions causées par le coronavirus et du manque de soutien fiscal. En conséquence, la reprise du marché du travail américain semble être au point mort. D'autre part, le marché du logement américain est toujours en forme : les ventes de logements existants et le nombre de permis de construire délivrés ont augmenté en janvier. Le sentiment des constructeurs de maisons reste positif. Le NAHB Housing Index a notamment augmenté par rapport au mois précédent et est proche de son niveau maximum depuis plusieurs mois.

La production industrielle américaine a poursuivi sa reprise. La demande plus soutenue des clients et l'augmentation des exportations ont permis aux responsables des achats de l'industrie de continuer à envisager l'avenir favorablement. Les responsables des achats du secteur des services sont également positifs quant à l'avenir. C'est la situation inverse en Europe. L'opinion positive des responsables des achats se reflète dans le chiffre de l'indice des responsables des achats publié par IHS Markit. Le mois dernier, cet indice s'est établi à 59,5, contre 58,7 en janvier. Ce chiffre est bien supérieur à la valeur neutre de 50 et indique donc une reprise accélérée de l'économie.

Europe

Le coronavirus reste un lourd fardeau pour la zone euro. Bien que la vaccination ait commencé, le nombre de vaccinations par habitant dans l'UE reste inférieur à celui des États-Unis, notamment. La lenteur du processus de vaccination suscite le mécontentement. Dans un discours, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pointé plusieurs obstacles. L'UE a approuvé relativement tardivement divers vaccins. En outre, l'UE s’est montrée trop optimiste en ce qui concerne la production de masse de vaccins et peut-être était-elle aussi trop confiante quant à la livraison effective. En conséquence, de nombreux pays européens sont toujours en situation de confinement total ou partiel.

Cependant, l'économie aurait bien besoin d'une réouverture. En glissement annuel, les chiffres révisés font apparaître une contraction de 5% sur 2020. En comparaison, cette situation est bien pire que celle observée lors de la crise du crédit de 2008 (-2,2%) et 2009 (-2,3%). Cependant, les perspectives de l'économie sont mitigées. Les responsables des achats dans le secteur industriel s'attendent à une forte reprise, tandis que ceux du secteur des services sont plus pessimistes. Ce dernier secteur est toujours durement touché par les mesures actuelles de lutte contre la pandémie. En conséquence, l'indice des directeurs des achats publié par IHS Markit est resté inférieur à 50, malgré une augmentation de 47,8 en janvier à 48,8 ce mois-ci. Par exemple, l'indice allemand est supérieur à 50, alors que l'indice français est bien inférieur.

Asie-Pacifique

L'économie japonaise a connu une croissance plus forte que prévu au quatrième trimestre, en partie grâce à la reprise des exportations, des investissements des entreprises et des dépenses de consommation. Cependant, l'économie s'est contractée en 2020 dans son ensemble. Avec un repli de 4,8%, l'économie japonaise s'est légèrement moins bien comportée que la zone euro. La poursuite de la reprise est freinée par l'état d'urgence déclaré dans différentes régions du Japon en raison de l'apparition de nouveaux foyers de virus. Le secteur des services, en particulier, souffre de cette situation et n'a donc pas encore pu amorcer sa reprise. L'industrie semble être moins touchée. La note de confiance de l'indice combiné des directeurs d'achat publié par Jibun Bank est passée de 47,1 à 48,2 par rapport à janvier.

Alors que les pays européens et les États-Unis se battent principalement pour obtenir le plus grand nombre possible de vaccins, la Chine met gratuitement à disposition du matériel de protection. Bien que l'efficacité des vaccins chinois semble inférieure à celle des vaccins occidentaux, les vaccins chinois permettent à plusieurs pays émergents de protéger leurs populations contre le virus. En combinaison avec l'initiative Belt and Road, lancée par le président chinois Xi Jinping en 2013, la Chine parvient à engager économiquement de plus en plus de pays asiatiques, africains et européens. Notamment, Pékin a d'importants prêts en cours pour des projets d'infrastructure dans les pays les plus pauvres. Dans les années à venir, la Chine va revendiquer un rôle plus important sur la scène mondiale. On saura alors si les États-Unis et l'Europe seront en mesure de suivre le rythme chinois.

Banques centrales

Lors de l'audition de deux jours devant le Congrès, le président de la Fed, Jerome Powell, a exprimé son espoir de voir l'économie américaine reprendre des couleurs au cours de l'année. Bien que le marché du travail soit encore loin de se remettre du ralentissement causé par la crise sanitaire, les vaccinations devraient assurer un retour à la normale. Avec les mesures actuelles de soutien de l'économie, un important flux de liquidités est disponible, qui devra trouver sa voie vers l'économie réelle. Ce qui pourrait éventuellement conduire à une inflation excessive. La Fed vise un taux d'inflation moyen de 2%.

Powell a indiqué qu'une forte hausse de l'inflation ne constituait pas un risque majeur. L'inflation a été relativement faible et stable au cours des 25 dernières années. Selon lui, il est peu probable que la donne change bientôt. La récente hausse des taux d'intérêt sur les marchés financiers reflète l'optimisme accru des marchés quant à la reprise économique et n'est donc pas une source d'inquiétudes. Il a souligné que les programmes de relance monétaire étaient nécessaires et que la politique actuelle restera donc souple pour le moment.

Les taux du marché des capitaux ont également augmenté en Europe le mois dernier. Le taux d'intérêt néerlandais à 10 ans, par exemple, a progressé vers 0%. La BCE a indiqué qu'elle garderait un œil sur les récentes augmentations des taux d'intérêt sur les marchés des capitaux. Fin février, les marchés financiers ont subi quelques corrections après une hausse des taux d'intérêt.

Pétrole

Le mois a été favorable au cours du pétrole. Février s'est clôturé sur un niveau de 66,13 USD, contre 55,88 USD au début du mois. Ce qui signifie que le cours de l'or noir a augmenté de 18,3% et est également plus élevé qu'il y a un an, lorsqu'éclatait la crise sanitaire. Le cours du pétrole a augmenté entre autres à cause du froid extrême au Texas, qui a entraîné la chute, temporaire ou non, d'une partie importante de la production pétrolière de l'État.

Aperçu évolution marchés financiers

Le mois fut positif pour les marchés boursiers, qui ont évolué globalement comme en janvier. En général, les Bourses étaient dans le vert au cours des premières semaines. Cependant, la semaine dernière, une grande partie du terrain gagné a été reperdue. Au final, les Bourses ont terminé le mois juste au-dessus de leur niveau de départ. Le STOXX® Europe 600 ex-UK NR a clôturé le mois en hausse de 2,1%. Le STOXX® USA Total Market NR (EUR) a progressé de 3,2% (en dollars, l'indice a gagné 3,1%).

Les graphiques ci-dessous sont composés de données internes et de données provenant de Morningstar.

Morningstar grafiek
Morningstar grafiek

Les marchés financiers en 10 secondes (situation au 28 février 2021) :

    Février 2021
Actions (en euros)
Europe   +2,96% +2,41%
États-Unis +3,09% +2,77%

Japon +2,03% +1,67%
Obligations
Oblig. publiques EMU 3-5 ans -0,52% -0,68%
Obig. d’entreprises euro 1-3 ans-0,17% -0,16%
Devises (face à l’euro)
Dollar américain +0,53% +1,18%
Livre britannique +2,24% +3,71%
Yen japonais -1,21% -1,90%

Source: Morgan Stanley Capital International, Barclays, Bloomberg


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Auteur

Dieter Haerens

Dieter Haerens est Country Manager BinckBank Belgique . Passionné par tous les secteurs de l'univers financier, les technologies et la customer centricity, il partage à l'occasion son opinion sur ces sujets.

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