Un bon début, c'est déjà la moitié du travail

Écrit par Stijn Ceelen, Country Manager BinckBank Belgique | 3 minutes

Alors que le mois de décembre est entré dans les livres d’histoire comme l’un des mois boursiers les plus faibles de ces dix dernières années, c’est tout l’inverse pour ce mois de janvier. Les optimistes se font à nouveau entendre, ce qui augure de nouveaux records.

Les marchés financiers en un clin d'oeil (jusqu'à la fin de 31/01/2019):

  Janvier 2018
Actions (en euros)
Europe  +6,2% -10,6%
États-Unis +7,8% -0,3%
 Japon +5,7% -8,5%
Obligations
Obligations d'État UEM à 3-5 ans +0,4% +0,1%%
Obligations d'entreprises Euro à 1-3 ans +0,4% -0,5%
Devises (par rapport à l'euro)
Dollar américain +0,2% +4,7%
Livre anglaise +3,0% -1,1%
Yen japonais +0,9% +7,6%

Source: Morgan Stanley Capital International, Barclays, Bloomberg

Toujours sous l'emprise de Trump

Un sentiment de déjà vu : en janvier, Donald Trump a une fois de plus joué un rôle de premier plan. Après des semaines de discussion, le chef de l’État américain a décidé de rouvrir temporairement les services publics. Par charité chrétienne ou plutôt dans une tentative désespérée de recouvrer un peu de sa popularité chancelante et d’endiguer la baisse de confiance du consommateur américain ? Ajoutons que la bourse a aujourd'hui retrouvé un peu de baume au cœur suite à une série de signaux indiquant que des progrès étaient réalisés dans le cadre du conflit commercial avec la Chine. Enfin, le grand patron de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a également fait le jeu de bien des investisseurs. Alors qu’il ne jurait encore que par trois hausses de taux d’intérêt l’an dernier (à la fureur de son grand patron), il prône aujourd'hui la patience.

Hormis ces querelles politiques sur la scène nationale aussi bien qu’internationale, nous ne devons pas oublier que ce sont précisément les entreprises qui ont permis de métamorphoser le pessimisme de 2018 en un optimisme prudent. Nombre d’entre elles ont ainsi largement dépassé les attentes ajustées à la baisse lors de la publication de leurs résultats trimestriels.

La politique européenne est-elle un faux problème ?

Les bourses européennes paraissent peu se soucier de la saga que constitue le Brexit. Les marchés financiers s’attendaient clairement à ce que la dame de fer de la politique britannique subisse une défaite écrasante. La bourse ne croit pas au spectre d’un Brexit sans accord et semble partir du principe que, des deux côtés de la Manche, les hommes et femmes politiques retrouveront tôt ou tard leurs esprits.

Même les problèmes économiques qui affectent le continent européen ne semblent pas (ou si peu) préoccuper les investisseurs. La baisse de confiance des entreprises et des consommateurs laissait déjà clairement présager ces derniers mois l’arrivée de nouvelles économiques moins favorables. Or, on le sait : pour la bourse, une vieille info n’est plus une info. Il sera toutefois intéressant de voir au cours des prochains mois si la locomotive de la croissance européenne (l’Allemagne) continue de crachoter et si l’Italie est en mesure de sortir de la récession par ses propres moyens.

La nervosité tant politique qu’économique qui agite Europe contraint la BCE à maintenir une politique monétaire souple. La BCE n’a en outre pas l’intention de réduire la voilure de son bilan et réinvestira à nouveau les intérêts produits dans les titres de créance de ses membres. Visiblement, il y a donc fort peu de chances que Super Mario augmente encore les taux d’intérêts avant la passation de pouvoir prévue pour le mois d’octobre.

Le Japon, l'homme malade de l'Asie ?

La confiance des entrepreneurs et consommateurs japonais s’est elle aussi assombrie en janvier. Les actions japonaises ont accusé un retard sur les autres bourses, une politique monétaire plus souple dans le reste du monde (États-Unis et Europe) ayant pour effet que la devise japonaise soit moins chère, avec le risque qu’elle pèse également sur l’activité des entreprises exportatrices.

Bref, tout cela nous promet un premier trimestre passionnant, avec en guise de date butoir le 29/03/2019, lors duquel tous les yeux seront tournés sur cette île de l’autre côté de la Manche.

Information importante

Ce document ne constitue ni un conseil d’investissement ni une invitation à effectuer certains placements dans le chef de BinckBank. Les résultats obtenus par le passé ne constituent pas une garantie pour l’avenir.

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Auteur

Stijn Ceelen, Country Manager BinckBank Belgique

Stijn Ceelen est Country Manager chez BinckBank Belgique depuis 2017. À ce titre, il donne régulièrement son avis sur les marchés financiers et leurs fluctuations.

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